Questions                 Doc. 1 et 2                     Doc. 3 et 4                            Doc.5                     

1ère partie:
      1. Deux des quatre écrits ont des sources officielles et nous informent partiellement du contenu de traités européens. Le doc. 1 rappelle des critères d'adhésion fixés par le Conseil européen, c'est à dire le sommet des chefs d'État et de gouvernement réunis à Copenhague en 1993, deux ans avant le passage de l'UE de 12 à 15 avec l'entrée prévue de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède.
         Le doc. 4 extrait du Journal officiel français donne un aperçu d'un traité récent signé aussi par le Conseil Européen, à Nice, en décembre 2000. Il prévoit des modifications institutionnelles pour préparer l'UE à 25 déjà annoncée à cette date.
         Les deux autres écrits (doc. 3) sont extraits de journaux d'information nationaux français. Libération, comme Le Monde sont des journaux d'opinion et les auteurs des articles donnent leur avis sur l'ouverture des négociations pour l'entrée de la Turquie dans l'UE au mois d'octobre 2005 et sur les autres élargissements envisageables.

         Enfin, nous disposons de deux cartes. Le doc. 2 présente des informations ponctuelles sur les élargissements récents et possibles avec une précision sur la zone euro (€).  Le doc. 5 fournit des informations quantitatives sur l'IDH par pays européen et sur le taux de chômage. Il met nettement en évidence les contrastes de développement entre l'Est et l'Ouest de l'Europe. Les sources sont diverses datées de 2003-2005. 

       Ainsi, ces données récentes (2005 pour trois d'entre elles) présentent l'UE en tant que telle, mais aussi des États qui n'en font pas (encore) partie, mais y aspirent. L'Europe se confondra-t-elle alors à l'Union Européenne ?

         2. La carte (doc. 2) rappelle que la Turquie est candidate et que sa situation n'est pas européenne au sens géographique traditionnel. C'est à dire que son territoire, essentiellement en Asie Mineure est déjà proche-oriental. Seule, Istanbul, côté balkanique, à l'Ouest du Bosphore a une localisation européenne. D'autre part, la Turquie a une population musulmane. Culturellement, elle est donc différente de l'Europe à héritage chrétien. Toutefois la Turquie est un État laïque. 
         Avec l'éventuel élargissement de l'UE à la Turquie se pose bien la question des limites Est de l'Europe, tant du pont de vue géographique que du point de vue culturel.

      3. La Communauté européenne est apparue en 1951avec la CECA et surtout avec le traité de Rome de mars 1957. Comptant alors 6 États de l'Europe occidentale, elle se constituait face à l'Est communiste. Elle s'élargit progressivement à trois autres États dont la GB en 1973, puis trois autres méditerranéens en 1981 et 1986. De 12, elle passa à 15 en 1995. Enfin, "la fin de la division du continent européen" en 1989 permit la préparation de l'élargissement à l'Est. Dès le sommet de Nice en 2000, celui-ci était programmé pour 8 États, hier communistes, appelés à être nouveaux membres de l'U.E. En mai 2004, l'U.E compte 25 membres dont ces 8 de l'ancienne Europe de l'Est communiste comme la Pologne ou même des éléments de l'ancienne URSS comme les pays baltes. S'y ajoutent deux États insulaires méditerranéens, Malte et Chypre.
          Ces États, pour adhérer à l'UE ont dû se conformer aux règles de la démocratie, de l'économie libérale (marché et concurrence) et à toutes les exigences du marché unique qu'implique l'U.E.
      4. Depuis le 3 octobre 2005, les négociations de la candidature turque à l'entrée dans l'UE sont entreprises. Beaucoup s'interrogent sur la capacité de ce pays à respecter pleinement les règles démocratiques et à se hisser à un niveau de développement acceptable pour les membres de l'U.E. Ainsi, la Turquie respectera-t-elle les droits des minorités kurdes comme le prévoit le traité de Copenhague?
         De plus, sous la pression de son voisin et ami autrichien, la Croatie s'est vu offrir, elle aussi, des négociations d'adhésion. Or, ce pays est réticent à coopérer avec le tribunal pénal international pour des crimes de guerre, c'est à dire à respecter les droits de l'homme. La Macédoine, La Bosnie, États en situation de guerre civile, sont aussi susceptibles d'intégrer l'U.E. Et puis, l'Ukraine et la Biélorussie aussi, comme le souhaitent les Polonais, alors que ces pays sont encore sous régime autoritarie ou en sortent difficilement.
         Ainsi, l'UE prend le risque d'accueillir des membres peu recommandables avec lesquels seuls les échanges commerciaux pourraient peut-être répondre aux règles communautaires. Toutes les valeurs fondamentales de la Communauté européenne sont en cause et l'adaptation de ces pays candidats aux critères de l'U.E. est  un enjeu de taille.
      5. La possibilité d'un élargissement aussi étendu à l'Est européen correspond à la définition géographique traditionnelle de l'Europe jusqu'à l'Oural,  et à une définition culturelle d'une Europe chrétienne. La chute du communisme et le choix du libéralisme économique et parfois politique par la plupart des États conduisent au respect des critères d'adhésion. 
      La Turquie, candidate depuis longtemps pose des  questions nouvelles aux membres de l'U.E. Jusqu'où peut-on aller géographiquement? Peut-on intégrer une population de aussi importante et différente culturellement?

         Les difficultés viennent de différences culturelles, mais aussi de degrés de développement différents. La carte de l'IDH montre déjà des écarts remarquables entre l'Ouest et les nouveaux membres de 2004, mais encore plus avec les futurs membres de 2007 comme la Roumanie ou la Bulgarie. Ces écarts sont encore plus grands avec la Biélorussie ou la Turquie. Le chômage, déjà élevé dans l'UE, l'est encore plus dans les pays hors U.E. Le rapprochement des populations en matière de niveau de vie s'avère difficile à court et moyen terme.

2ème partie:
      La réponse au sujet peut être construite selon le plan suivant:


1. Rappeler les difficultés à délimiter l'Europe à l'Est pour des raisons de géographie culturelle autant que d'histoire. Dire que depuis 1989-90, les États européens ne sont plus séparés par un "rideau de fer".
La question des élargissements est alors à présenter. L'UE est un instrument d'intégration des États.

2. Rappeler ce qu'est l'UE, une partie d'un tout (Europe), mais montrer que les élargissements mènent à la même identification entre les deux espaces (déjà 25 États membres sur un total de 39 si l'on ne compte pas les plus petits) pour des raisons de choix politiques et économiques. L'extension de l'UE à l'Est recouvre de plus en plus l'ensemble européen.

   Seule la Turquie pourrait modifier les définitions habituelles de l'Europe, tant au point de vue géographique que culturel.

 

niveau Première

ressources par niveau

mise en ligne : Novembre 2005