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    L'ONU comptait 51 États lors de sa fondation en 1945. La décolonisation, l'entrée du tiers-monde sur la scène internationale ont multiplié les États membres : 99 en 1960, 144 en 1975. La chute du communisme, suivie de l'éclatement de l'URSS, de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie accroissent le nombre  des adhérents. Ils sont déjà 179 en 1992 et 191 en 2002 avec deux entrées cette année-là, celle du Timor oriental séparé de l'Indonésie et celle de la Suisse qui rompt partiellement avec sa  traditionnelle neutralité.

    Pour la sécurité internationale, l'ONU est actuellement impliquée dans une vingtaine d'actions. Certaines sont anciennes comme l' ONUST en Palestine depuis la naissance d'Israël, ou l' UNMOGIP entre Inde et Pakistan depuis l'indépendance de ces  deux États et leur affrontement à propos du Cachemire. Mais la plupart des interventions n'ont qu'une dizaine d'années ou moins, en Afrique, dans les Balkans, en Afghanistan. Durant les années 1990, le Conseil de Sécurité a encore pu engager des interventions multiples sans que les États-Unis ne marquent de réticences. 

    Dans les domaines humanitaires, dans celui de certaines réglementations, l'ONU et ses organismes spécialisés ont encore un rôle important et admis par tous les États. Ainsi l'Organisation Maritime Internationale a-t-elle pu faire signer la convention MARPOL en septembre 2002. Elle vise à l'élimination progressive, d'ici à 2015, de tous les pétroliers à simple coque. Cette décision a suivi les naufrages de l'Erika (1999) et du Prestige (2002). Autre exemple, le lancement d'un Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau à l'échelle du système des Nations Unies a été annoncé pour la première fois lors du Second Forum mondial de l'eau, qui s'est tenu à La Haye en 2000. Ce Forum a donc fourni le contexte à partir duquel le WWAP (World Water Assessment Programme) s'est construit et défini.
     Pour autant, en matière de développement durable, les organismes spécialisés de l'ONU souffrent aussi de la position des États-Unis. Ceux-ci refusent de ratifier les accords de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre et se montrent réticents à une gouvernance mondiale en matière d'environnement. La conférence des Nations-Unies à Johannesbourg, en septembre 2002, a montré toutes les limites d'une action internationale dans ce domaine.

    Et dans le domaine de la sécurité et  de la justice internationale, l'ONU vient de connaître une crise majeure. Elle a éclaté à l'occasion de la deuxième guerre contre l'Irak. L'intervention américano-anglaise s'est faite sans accord de l'ONU, malgré les tentatives de recherche d'un compromis par Tony Blair. L'unilatéralisme  des États-UNis met à mal l'organisation dont ils semblent vouloir se passer. En effet, en matière de sécurité et de paix, certains Américains considèrent que l'ONU n'est plus "pertinente". La Charte des Nations-Unies est pourtant catégorique: "afin d'assurer l'action rapide et efficace de  l'Organisation, elle confère au Conseil  de Sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationale".

    En 2002, les EU s'étaient déjà distingués lors de l'installation de la Cour Pénale Internationale à La Haye. Elle a  pour rôle et devoir de juger les personnes poursuivies pour génocide, crimes contre  l'humanité et crimes de guerre. Or, la première puissance du monde estime que ses citoyens ne peuvent être poursuivis devant cette Cour.

    La crise actuelle n'est pas la première, et la diplomatie française pense que les États-Unis devront admettre à nouveau un rôle primordial à l'Organisation. L'ONU pourrait sortir renforcée de la crise irakienne. En août 2003, les États-Unis empêtrés dans la reconstruction de l'Irak semblent devoir se tourner à nouveau vers une participation de l'ONU décidée au Conseil de Sécurité.

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Mise en ligne : Août 2003