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Une étude des Nations-Unies, publiée en janvier 2000, estimait que l'Europe aurait besoin de 150 millions d'immigrés d'ici à 2025; ceci pour maintenir le rapport actuel entre actifs et inactifs. Cette projection discutable a eu un effet choc dans une Europe où la xénophobie et le racisme ne fléchissent pas et servent au contraire à fonder une partie du discours de courants politiques populistes et extrémistes. Qu'en est-il de l'immigration actuelle et de la politique communautaire à son égard? L'UE compte 13 millions d'étrangers en 2000 selon la Commission européenne, soit 3.5% de sa population (6.6% aux Etats-Unis). L'Allemagne accueille le plus d'étrangers extra-communautaires (5.5 M) devant la France (2.1 M), le RU (1.4 M) et l'Italie (1.1 M). Le nombre des étrangers en Allemagne est élevé car jusqu'en 2000, les enfants d'immigrés n'ont pas acquis facilement la nationalité (droit du sang). En France, les "beurs" sont Français. Tous les pays de l'UE sont des pays d'accueil de longue date ou le sont devenus. L'Italie, l'Espagne ou la Grèce, hier terres d'émigration, sont aujourd'hui soumises à une une forte pression de flux d'immigration. Les terres espagnoles de Ceuta et Melilla, petites enclaves européennes en plein Maroc, rappellent par leurs frontières faites de hautes barrières de barbelés, combien est forte la volonté d'entrer en Europe des migrants africains et comment celle-ci se ferme plus ou moins (on parle d'Europe forteresse). |
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Dans l'UE, l'immigration pour le travail est officiellement interdite ou dépend de dérogations spéciales (L'Allemagne, mais aussi la France facilitent ainsi l'entrée d'informaticiens étrangers...). L'immigration autorisée est surtout celle du regroupement familial et celle des demandeurs d'asile. Mais les flux d'entrée sont également nourris par des clandestins que des faits d'actualité dramatiques rappellent fréquemment (jeunes asiatiques morts étouffés dans un camion de passeur vers la GB, Africains noyés dans le détroit de Gibraltar...). Pour autant, l'UE n'a pas encore une véritable
politique commune
de l'immigration. Seule une importante coopération s'est établie progressivement. Ainsi, les
accords de Schengen réglementent-ils l'entrée des migrants extérieurs à
l'espace territorial des Etats signataires (visa unique de
trois mois, fichier informatique des étrangers illégaux, coopération
policière...). Cet espace s'étend, y compris à des pays hors
Communauté (Norvège, Islande), et c'est au-delà que se pose le contrôle des flux d'entrée
vers l'UE ; là où se retrouveront bientôt ses frontières extérieures à l'Est.
Beaucoup de filières d'immigration sont organisées en passant par la Russie, la Moldavie,
l'Ukraine, la Roumanie, la Turquie, l'Albanie et des Etats de l'ex-Yougoslavie. Ainsi l'UE aide-t-elle
la Pologne et la
Roumanie à renforcer leurs contrôles sur leurs frontières orientales; mais,
pour cette dernière, entrée dans l'espace Schengen en janvier 2002, s'ajoute
le problème des départs de ses propres nationaux qui ne sont plus soumis
à l'obligation de visas. De même, l'entrée de la Pologne et de la Lituanie dans l'UE
pose -t-elle le problème des frontières avec l'enclave russe de Kaliningrad;
Moscou ne veut pas entendre parler d'obligation de visas pour ses
ressortissants vers ces pays. Les autorités russes estiment que la circulation
de leurs ressortissants avec les pays de l'est européen doit rester libre
comme au temps de l'empire soviétique. Il y a là un problème diplomatique
délicat entre Russie et UE. En juin 2002, réunis à Séville en Espagne, le Conseil Européen des chefs d'Etats et de Gouvernements a envisagé, dans un premier temps, des sanctions contre les pays d'émigration et les pays dont le territoire sert de lieu de transit aux immigrants. Le Conseil y a finalement renoncé, mais la politique commune d'asile et d'immigration n'a guère progressé pour autant. |