Groupe de travail Histoire-Géographie

LE TEMOIGNAGE EN HISTOIRE

Le témoignage, un document comme les autres ?

Réflexions théoriques pour une mobilisation raisonnée du témoignage en classe

INTRODUCTION GENERALE

Lequel d’entre-nous n’a pas assisté, dans sa vie d’élève, d’étudiant ou de professeur, à la venue d’un (de plusieurs) témoin(s), « petits » ou « grands », d’événements marquants de notre histoire récente ? Qui a déjà organisé une telle opération dans son établissement d’exercice connaît la difficulté d’utiliser le(s) témoignage(s) dans une classe, à plus forte raison lorsque celui-ci vient s’inscrire dans un débat historique ou mémoriel exacerbé : subjectif, partisan, partiel et partial, il s’oppose au document « idéal », parfois devenu au fil du temps « institutionnel » parce que patrimonial, reconnu « vrai », incontournable, et donc « digne de foi ». Comment expliquer à nos élèves qu’un témoignage, le plus touchant ou le plus terrible soit-il, n’est que le reflet d’une mémoire composite, d’une « vérité individuelle » au regard de la « vérité historique », scientifiquement vérifiée, portée par l’historien ou le professeur d’histoire ? Doit-on appliquer forcément l’appareil critique de l’historien à la parole d’un témoin qui intervient en classe et risquer ainsi d’amoindrir, voire de mettre en cause la portée de son expression ?

Le témoignage, quel est-il ? Quels problèmes pose-t-il par nature ? Peut-on le mettre devant tous les yeux, ceux de nos élèves ? A ce titre, quelles précautions l'enseignant doit-il prendre quant à son utilisation en classe ?

Le document - témoignage est une source habituelle et primordiale pour l’historien et son utilisation, avec les outils et la méthode de notre discipline, n’est pas gênante en soi. Mais les problématiques auxquelles le professeur est confronté lorsqu’il provoque la rencontre d’un (de plusieurs) témoin(s) et d’élèves sont sensiblement différentes : pourquoi et comment choisir ce témoin plutôt qu’un autre ? Quelles sont les raisons, motivations, qui amènent le témoin à faire part de sa mémoire de l’événement ? Quelle parole porte-il ? La sienne ? Celle de son groupe ? S’agit-il d’une parole officielle ? Et que dire lorsque ce témoignage que l’on a pu susciter s’insère dans l’histoire récente, à plus forte raison dans l’histoire immédiate, quand celle-ci fait soudain irruption, peut-être brutalement, à la une de l’actualité, accompagnée de prises de position partisanes non dénuées des arrières pensées d’acteurs (anciens ou actuels) de la vie politique et/ou sociale de la France ? Ne doit-on pas susciter à tout coup des témoignages contradictoires, opposés, par souci de recherche d’équilibre entre plusieurs mémoires du même événement ? Mais alors, tous les témoignages se vaudraient-ils, celui de la victime et celui de son bourreau par exemple ? Et quelle plus-value de sens pour notre enseignement de l’histoire ?

Ces quelques questions préalables à la réflexion pourraient nous amener à considérer, par facilité intellectuelle ou crainte de mal faire, le témoignage trop difficile à utiliser en classe. Effectivement, sans les précautions didactiques indispensables, en l’absence d’une quelconque stratégie pédagogique, le témoignage peut se révéler « contre-productif ». Mais replacé dans un projet d’étude, employé et interrogé comme source historique, le témoignage constituera un document de toute première qualité à mobiliser dans une situation d’enseignement.

Les contributions qui suivent constituent l’amorce d’un travail effectué par le groupe académique des formateurs en histoire et géographie pour accompagner les pratiques du témoignage en classe. Elles s’inspirent très largement des recherches menées sur le témoignage oral en histoire (Institut d’histoire du temps présent), appliquées pour ce qui nous concerne aux situations d’enseignement de l’histoire en lycée professionnel, également de réflexions épistémologiques ou de travaux effectués sur les rapports de la mémoire à l’histoire, mais aussi d’expériences vécues de confrontation de témoins et de leurs témoignages à nos classes de Lycée professionnel.

I] RÉFLEXIONS LIMINAIRES (clic)

T. Falconnet, P. Manigre, S. Cattin, J.P. Schroter

II] QUESTIONS, PRÉCAUTIONS ET RECOMMANDATIONS (clic)

JP  Schroter ;  S. Deshayes

II] PISTES DIDACTIQUES ET PÉDAGOGIQUES

1) La France et sa décolonisation : L'Algérie (clic)

 G. Baudouin ; F. Billamboz

2) Visiter Auschwitz-Birkenau avec des élèves : sous quelles conditions ? (clic)

R.  Aviet ; S. Catin ; C.  Ferrier ; F. Billamboz ; JP. Schroter

3)  Maus d'Art Spiegelman : un document historique comme les autres ? (clic)

M. Pelier ; C. Mollet ; S. Deshayes