
Groupe de travail Histoire-Géographie
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LE TEMOIGNAGE EN HISTOIRE
Le témoignage, un document comme les autres ?
Précautions et recommandations pour une utilisation pédagogique et raisonnée du témoignage en classe
III. (2) VISITER AUSCHWITZ-BIRKENAU AVEC DES ÉLÈVES : SOUS QUELLES CONDITIONS ? (version word)
« La
provocation est une façon de remettre la réalité sur ses pieds »
Bertolt BRECHT
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« Certains
arpentent le site, téléphone portable à l’oreille. Ca capte très
bien, à Auschwitz I comme à Birkenau, mieux que dans certains coins de
France. Le 27 janvier 2004, à Auschwitz I, le portable d’une visiteuse
[…] a sonné : - ça pourrait aller mieux, je suis dans une chambre
à gaz, a-t-elle répondu à un interlocuteur qui lui demandait
probablement de ses nouvelles. » Annette WIEVIORKA, Auschwitz, la mémoire d’un lieu, p 18, Hachette Littératures, 2005
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AVANT-PROPOS
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Au cours des dix dernières années, les visites scolaires dans les camps de concentration ou d’extermination de la Seconde guerre mondiale, lieux du déchaînement de la barbarie humaine, se sont multipliées. Ainsi, Auschwitz-Birkenau reçoit-il environ 500 000 visiteurs par an. Certes, la confrontation physique avec la réalité est irremplaçable. Cependant, le voyage dans un camp de la mort, fût-il celui d’Auschwitz-Birkenau, ne peut se suffire à lui-même. Qu’y a-t-il à voir à Auschwitz-Birkenau ? « Il n’y
a que des baraques, des ruines, de l’herbe folle qui envahit tout. Il y
a quelquefois des visiteurs qui pensent ne devoir aller qu’au musée du
camp principal et pas à Birkenau. On leur a dit qu’il n’y avait rien
à voir là-bas. Et de fait, on peut très bien ne rien y voir »
[1]
[1] JF Forges, Eduquer contre Auschwitz, ESF éditeur, 1997, page 119
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Birkenau, 5 mai 2006 (document personnel) |
Dès lors, une
question semble incontournable : comment rendre visible l’invisible pour
nos élèves ? Comment leur donner les moyens d’habiter ce lieu pour que
le voyage ne soit pas vain ? La réponse réside dans l’intérêt
particulier porté à la préparation de la visite. Ainsi, la visite viendrait
plutôt pour souligner des savoirs préalablement acquis en cours d’histoire
et /ou lors de lectures proposées par le professeur de Lettres dans le
cadre de la bivalence. Sans une solide préparation, nos élèves ne peuvent pas
s’approprier le lieu, car ils se trouvent dans l’incapacité de
contextualiser ce qu’ils voient. « Que peut en effet signifier un tas de
chaussures si l’on n’y ajoute pas à qui elles ont appartenu et ce qui est
arrivé à leurs propriétaires ? Si on l’ignore, ce tas n’a aucun sens »[1]
Comment
un élève peut-il donner du sens à un camp de concentration ou
d’extermination aujourd’hui (photos de gauche) sans reconstruire son
histoire (photos de droite) ?
| Documents personnels | Documents Internet |
La Rampe, mai 2006 (Birkenau) |
La Rampe, 26mai 1944 (Birkenau) |
Baraquements, mai 2006 (Birkenau) |
Baraquements, 1944(Birkenau) |
Force est de
constater que depuis quelques années, le nombre de visiteurs dans ces lieux de
mémoire ne cesse d’augmenter. Cette volonté politique de « devoir de mémoire »
tendrait à aboutir à un véritable tourisme mémoriel. Cependant,
l’enseignant d’histoire doit s’interroger sur la plus-value pédagogique
d’une visite scolaire dans un camp de concentration ou d’extermination.
Celle-ci prendrait alors nécessairement place dans un « projet
d’histoire » destiné à éclairer les élèves sur ce que furent le
Nazisme et son projet d’extermination des Juifs d’Europe.
En effet, on ne
saurait considérer cette visite comme un outil de prévention contre des
comportements racistes et ou antisémites de certains adolescents qui nous sont
confiés. Le rôle du professeur, conformément à la finalité de son
enseignement, à savoir donner du sens à l’histoire, est de donner aux élèves
les outils nécessaires à la reconstruction mentale des lieux qu’ils vont
visiter.
Le choix d’Auschwitz-Birkenau
s’est imposé à nous :
-
c’est le lieu emblématique de « la solution finale » ;
-
à ce titre, dès 1946 Auschwitz-Birkenau a été l’objet d’enjeux mémoriels
et politiques ;
-
dans l’espace public et médiatique
Auschwitz-Birkenau semblerait
être l’unique lieu de mémoire ( la date retenue pour commémorer la libération
des camps est celle de la libération d’Auschwitz-Birkenau) ;
-
l’institution scolaire, mais aussi les agences de voyages, en ont
fait une destination incontournable de « tourisme » mémoriel.
Il
nous a paru plus pertinent d’aborder ce type de visite en redonnant à ce lieu
sa nature « d’objet historique » afin de le rendre lisible, en
sachant ce qu’il a été afin de mieux le comprendre.
Quelques
éléments historiques qui replacent le camp d’Auschwitz-Birkenau dans un
espace vécu
Ainsi il nous a paru
opportun d’ébaucher une liste non exhaustive d’éléments historiques afin
de replacer le camp d’Auschwitz-Birkenau dans un espace vécu. Il est nécessaire
d’étudier la genèse de ce camp comme un objet historique afin d’en
comprendre la place spécifique dans le système concentrationnaire et de mise
à mort nazi.
-
fin XIXème
siècle :
Oswiecim est une ville frontière de la province de Galicie, où transitent des
milliers de migrants qui cherchent du travail : la Galicie est en effet la
plus pauvre des provinces autrichiennes, ceux-ci migrent vers Berlin ou Vienne.
Ces masses qui stationnent momentanément dans ces villes frontières inquiètent
le gouvernement de Galicie qui décide de les canaliser en construisant à
Zasole (un faubourg d’Oswiecim), un village de migrants, dans lequel il y aura
un centre d’échange de travail et un poste militaire chargé de connaître la
situation des candidats à l’émigration.
Commence
ainsi la construction de dortoirs en briques pour 3000 ouvriers, puis 90
baraques en bois pour en loger 9000 autres, une chapelle, un théâtre,
un hôpital, un poste de police. Très vite la population est supérieure à
celle d’Oswiecim qui compte 10000 habitants dont 5000 juifs.
-
Une voie ferrée relie
le centre au nouveau village.
-
En 1918 :
les frontières sont redessinées, de nouveaux états se créent, parmi eux la
Pologne : Oswiecim n’est plus une ville frontière, le nouveau village se
vide et devient une caserne militaire. Cependant 90 baraques accueillent 4000 réfugiés
du Duché de Teschen, partagé entre la Tchécoslovaquie et la Pologne.
-
Le 01/09/1939 :
les Allemands attaquent la Pologne : plus d’armée polonaise donc plus
besoin de caserne.
·
Les bâtiments
de Zasole servent un temps pour abriter avant leur transfert en Allemagne les
prisonniers de guerre polonais.
·
L’objectif
des Nazis est de réduire les Polonais, dont la force de travail serait mise au
service des intérêts allemands, à un véritable esclavage.
-
fin 1939 :
les prisons sont pleines, une solution est trouvée : Oswiecim, mais un
premier rapport juge les installations inadaptées.
-
Avril 1940 :
l’inspection des camps de concentration (service de la SS) envoie une seconde
commission conduite par Rudolf Höss : le verdict est positif mais il
faudra quelques réaménagements. Le
camp de quarantaine est abandonné, le camp de concentration est créé.
-
01/05/1940 :
Rudolf Höss est nommé commandant du camp et arrive avec une poignée de SS.
-
14/06/1940 :
arrivée des premiers internés : 728 prisonniers polonais composés de
soldats et d’étudiants qui essayaient de franchir le frontière slovaque,
parmi eux quelques Juifs qui sont transférés dans la prison de Tarvow.
-
les premiers aménagements
sont réalisés par 300 Juifs d’Oswiecim
-
juillet 1940 :
installation du premier crématoire testé sur les juifs précités. La finalité
est double : porter la terreur chez les Polonais et utiliser une main d’œuvre
servile.
-
1941 :
Le camp de Birkenau (lieu de la solution finale) est aménagé, par les
prisonniers de guerre soviétiques.
·
Il est séparé
en deux par une voix ferrée : Auschwitz-Birkenau est choisi pour son
excellente desserte ferroviaire, mais aussi pour son isolement géographique.
·
Le camp doit
s’étendre sur 80 hectares. Les villageois sont expulsés, tout est rasé à
l’exception de deux maisons : l’une en briques rouge et l’autre en
chaume blanche qui deviennent des hauts lieux de gazage.
·
Quatre secteurs
sont construits, séparés par des barbelés, chaque secteur correspond à une
catégorie de détenus, dont un pour les femmes.
·
L’entassement
est prévu dans la conception du camp, en effet ce n’est pas le fait d’une
évolution incontrôlée, les prisonniers ne sont pas pensés comme des être
humains ; on assiste à un assassinat industriel, un véritable travail à
la chaîne.
·
Ce camp est
« banal » en dehors de sa dimension et de sa destination. À perte
de vue un alignement de baraques, de barbelés et de miradors.
-
20 Janvier
1942 : Conférence
de Wannsee pour la coordination de l’extermination systématique des Juifs
d’Europe.
-
1942 :
8000 détenus travaillent à Auschwitz ; en 1943 : 11 000 ;
en 1944 : 4000. Dès le début des travaux une école de maçonnerie
est crée afin de former les détenus.
·
surélévation
des bâtiments existants et construction de huit blocs
·
construction
d’une place d’appel, de locaux pour la Gestapo, de cuisines de douches, de
prison, de clôtures barbelées et électrifiées, d’allées et de routes, en
fait d’une véritable ville.
·
entre les blocs
10 et 11 est construit un mur noir : le mur des exécutions.
·
le bloc 11
devient « le bloc de la mort ».
·
les crématoires
sont installés dans les anciens bâtiments qui servaient de dépôt de
munitions quand c’était une caserne. ils sont au nombre de trois.
-
1943 :
à Birkenau un crématoire/ chambre à gaz est mis en fonction : à l’époque
tous les camps ont des crématoires, mais seul Birkenau a cette double fonction.
Le crématoire n’est pas un lieu de mise à mort, mais un lieu d’élimination
des corps, des « traces » du meurtre de masse.
-
7 octobre
1944 : Révolte
du Sonderkommando (le crématoire IV est partiellement dynamité par une
résistance juive armée).
-
Novembre
1944 : arrêt
des gazages à Auschwitz-Birkenau. On estime que près d’un million de Juifs y
sont morts.
-
18 et 19
janvier :
devant l’avancée des troupes soviétiques, le SS
jettent sur les routes 58 000 détenus dans une « marche de la
mort ».
-
27 janvier 1945 :
libération du camp par les soviétiques.
2007 : Birkenau est un espace où domine le vide, où les traces de la destruction des Juifs d’Europe ont été détruites par les SS eux-mêmes, où il ne reste plus rien à l’exception de l’emplacement des deux maisons (rouge et blanc). Ce vide, c’est à l’enseignant de le remplir.
Auschwitz
Birkenau : de l’enjeu politique au lieu de mémoire
Depuis 1947, les
camps d’Auschwitz-Birkenau se visitent de toutes les façons possibles et pour
toutes les raisons. 25 millions de visiteurs ont été jusqu’alors enregistrés.
Ce sont les Polonais qui restent de loin les plus nombreux, et ce depuis 1947.
C’est à cette date que ce lieu est devenu un « musée ».
Sur cette question,
quelques éléments d’histoire, tirés principalement de deux ouvrages d’Annette
Wieviorka[2] :
-
L’idée de
transformer le camp en site mémoriel est né parmi les déportés eux-mêmes,
au cours de leur internement : certains d’entre eux après la libération
ne quittent pas le camp, y vivront jusqu’à leur mort, habitant dans des blocs
du musée aménagés en appartements.
-
Le camp est
placé sous l’autorité du ministère de la culture et de l’art dont
l’objectif est de protéger le site et créer un concept pour le musée.
-
Les premiers
travaux sont effectués par les prisonniers allemands : ils exhument les
corps, nettoient les terrains, démantèlent les complexes industriels, démontent
les baraques de Birkenau. Leur présence ainsi
que celle des gardiens limitent quelque peu un pillage radical.
-
1er
février 1946 :
un périmètre du camp est officiellement tracé et désigné comme terre de
martyre. Un mausolée est établi dans les blocs 10 et 11 (Auschwitz I).
-
1947 :
Josef Cyrankiewicz, ancien interné du camp de 1942 à 1945, est nommé Premier
Ministre. Il insiste sur la nécessité de contrôler le musée en gestation, de
canaliser les flux de visiteurs, de former des guides. À sa création, le 02
juillet 1947, le musée s’étend sur 200 hectares et comporte 197 bâtiments
ou ruines. Les plans prévoient des blocs réservés à une exposition générale
et des blocs réservés aux expositions nationales.
-
Pendant la guerre
froide Auschwitz Birkenau devient le théâtre d’enjeux politiques :
la conception « antifasciste internationale » se met en place. Elle
met l’accent sur la résistance, la solidarité entre les internés toutes
nationalités confondues, mais occulte l’identité des victimes, en
particulier celle des Juifs, des Tsiganes, mais aussi celle des Polonais non
communistes. Au Dixième anniversaire de la libération du camp, seuls les déportés
communistes sont honorés et décorés.
-
1955
marque le début des commémorations internationales, organisées par le Comité
international d’Auschwitz, crée en 1954, et formé de membres des
associations de survivants de tous les pays concernés, appartenant à la
mouvance communiste, même si beaucoup d’entre eux sont Juifs. Le comité
demande l’inscription du camp sur la liste de patrimoine mondial de
l’humanité établie par l’UNESCO, ce sera chose faite en 1979.
-
1957 :
le comité décide de construire un mémorial destiné à être le support des cérémonies
commémoratives et choisit l’emplacement de Birkenau. En 1957, le jury examine
426 projets de 36 pays et en retient 7. En 1958, 3 sont retenus, mais aucun
n’est jugé à la hauteur du défi, et le comité leur demande de collaborer
pour n’en former qu’un qui sera exposé à la galerie d’art moderne de
Rome dès le 1er juillet 1959.
-
1961 :
faute d’argent le projet est jugé irréalisable, deux ans plus tard les 3 équipes
présentent un nouveau projet drastiquement réduit. (1 rang de bloc de pierres
ressemblant à des sarcophages légèrement surélevés sur une longueur de 40 mètres
et d’une pierre sculptée de figures cubistes représentant un groupe humain).
-
16 mai 1967 :
le monument est dévoilé. Sans que rien n’ait été dit, les pierres ont été
retirées et remplacées par un carré constitué de 4 blocs de marbre avec au
centre un triangle de déporté. En effet, le groupe humain, composé alors
d’un couple avec enfant ne correspondait pas à la volonté politique
polonaise de l’époque, à savoir l’idéologie de l’interné politique et
résistant. Le triangle devient vite le symbole de cette idéologie, mais ignore
la souffrance juive.
-
Lors
de l’inauguration, Josef Cyrankiewkicz, dans son discours, ne mentionne
à aucun moment la réalité juive, même le racisme de l’hitlérisme n’est
mentionné que deux fois, à coté de la culture de l’oppression et
l’exploitation d’un peuple. Quant à l’antisémitisme, il n’en est pas
question du tout.
-
Dès 1960 les
expositions nationales apparaissent (dans l’ordre la Tchécoslovaquie, la
Hongrie et la RFA).
-
En 1961 un
pavillon juif est installé dans le bloc 27, les Juifs sont considérés comme
une nation. Une exposition ne leur sera consacrée qu’à partir de 1968.
-
30 septembre 1979 :
Inauguration de l’exposition permanente française dont l’un des auteurs est
François Marcot, universitaire de Besançon, ainsi que le Musée de la Résistance
et de la Déportation de Besançon. Le scénario proposé devra rendre sensible
la collaboration et la responsabilité du régime de Vichy et montrer la spécificité
d’Auschwitz comme lieu de la solution finale .Le deuxième point est
accepté, mais le secrétaire d’état aux
anciens combattants refuse d’évoquer Pétain comme collaborateur. De plus il
leur faut retirer tout ce qui concerne l’antisémitisme dans la France des années
30. Un compromis est trouvé : on limitera les développements sur
l’antisémitisme, l’antifascisme, la collaboration de l’Etat. Tout le
reste est maintenu.
-
Jusqu’à
l’effondrement du communisme, vont s’affronter publiquement mémoire juive
et mémoire polonaise, communiste et surtout catholique.
-
27 janvier 2005 :
Inauguration de la nouvelle exposition française. Cette exposition, réalisée
par François Marcot, associé à Annette Wieviorka, ne sera pas bricolée et
prend en considération le réalité de ce que fut Auschwitz pour la France, à
savoir le lieu principal de la déportation des Juifs qui y résidaient en 1939.
L’exposition retrace l’histoire de ce que fut la persécution des Juifs dans
la France occupée, et met en lumière les responsabilités de Vichy.
Conclusion
C’est sciemment
que nous ne vous avons pas proposé de séquence pédagogique. Notre travail
nous a amené à prendre en compte une remarque importante dans notre réflexion
d’enseignant : quel statut donner aux visites dans les camps de
concentration et/ou d’extermination ? Tout comme le témoignage en
Histoire, l’enseignant se doit de réfléchir sur la validité historique des
documents iconographiques attendu qu’ils sont généralement issus d’une
reconstruction ou d’une scénarisation autoritaire : la réalité
historique des faits devient une nouvelle réalité.
Ce postulat étant
posé, il est inconcevable de considérer qu’une telle visite peut se suffire
à elle-même, mais elle doit s’insérer dans un projet pédagogique avec une
importante préparation en amont et une exploitation en aval qui permettra à
l’enseignant de mesurer l’efficience de son dispositif.
Enfin, la plus
dangereuse erreur serait sans nul doute de considérer la visite d’un camp de
concentration comme pouvant être un remède miracle à des comportements
racistes, antisémites, révisionnistes, négationnistes. « Je déjeune à
Göttingen avec des étudiants qui préparent leur thèse. L’un d’eux
raconte qu’il a fait la connaissance à Jérusalem d’un vieux Hongrois qui
avait été détenu à Auschwitz et qui néanmoins disait du mal des Arabes, prétendant
qu’ils étaient tous mauvais. Comment quelqu’un qui est passé à Auschwitz
peut-il parler ainsi ? demande l’Allemand. J’interviens, demande sur un
ton un peu plus acerbe qu’il ne faudrait, ce qu’on espère : Auschwitz
n’a jamais été un établissement d’éducation d’aucune sorte, et surtout
pas d’éducation à l’humanité et à la tolérance ».[3]
[1]
Ruth Klüger, Refus de témoigner, édition Viviane Hamy, 1997, page
332
[2] A. WIEVIORKA, Auschwitz, 60 ans après, Robert Laffont, 2005
A. WIEVIORKA, Auschwitz, la solution finale, L’Histoire-Taillandier, 2005
[3] Ruth Klüger, Refus de témoigner, édition Viviane Hamy, 1997, page 86
Roselyne
AVIET, LP Albert Camus
Bibliographie
BENSOUSSAN
G., Auschwitz en héritage, Mille et une nuits, 2003
FORGES
J. F., Eduquer contre Auschwitz, ESF, 1997
HILLBERG
Raul, La destruction des Juifs d’Europe, T 1, 2 et 3, Folio histoire, 2006
KLUGER
R., Refus de témoigner, Viviane Hamy, 1997
LE
PETIT FUTE, Guide des lieux de mémoire
PRIMO
LEVY, Si c’est un homme, Pocket, 1987
SCHLAGDENHAUFFEN
R., La bibliothèque vide et le mémorial de l’Holocauste de Berlin,
L’harmattan, 2005
WIEVIORKA
A., Auschwitz expliqué à ma fille, Seuil, 1999
WIEVIORKA
A., Auschwitz la mémoire d’un lieu, Hachette, 2005
WIEVIORKA
A., Auschwitz 60 ans après, Robert Laffont, 2005
WIEVIORKA
A., Auschwitz, la solution finale, L’Histoire-Taillandier, 2005