Joseph Aloïs Schumpeter

(1883-1950)

 

Schumpeter est né en Autriche à Triech, il appartient au milieu de la bourgeoisie industrielle. Il est orphelin à quatre ans et sera élevé par son beau-père un commandant militaire très soucieux des traditions. Il fait de brillantes études où il côtoie l’élite universitaire Autrichienne, il publiera son premier ouvrage en 1908. Il se marie en Angleterre et devient le gestionnaire de la fortune d’une princesse Égyptienne au Caire ! Il enseigne ensuite à l’université de Czernowitz, puis à Graz. Il publie en 1912 « Théorie de l’évolution économique » qui fait de lui un économiste important. En 1919 il devient ministre des Finances du gouvernement d’Otto Bauer (néomarxiste), puis il est directeur d’une banque qui fait faillite en 1927. Il reprend ensuite une carrière d’universitaire à travers le monde qui se termine par son installation en 1932 aux États-Unis, la montée du nazisme n’est pas étrangère au départ de Schumpeter d’Autriche.

Le CONTEXTE :

Schumpeter fait toutes ses études dans le milieu néolibéral Autrichien et se lie d’amitié avec tous les grands de son époque (L’école Autrichienne a alors un grand retentissement à travers le monde). Il ne rejette pas totalement les analyses qui sont faites autour de lui, mais il est trop érudit pour se contenter de leurs explications trop partielles. Comme il ne sera pas Marxiste non plus, il se retrouve donc seul ! Condamné à choisir son camp ou à tomber dans l’oubli. Schumpeter ne choisira pas son camp et ne tombera pas dans l’oubli non plus ! Il créera, ou plutôt ses successeurs créeront, une lignée d’individualités fortes qui feront parvenir sa pensée jusqu’à nous. On dit de Schumpeter que c’est un hétérodoxe. Petit Larousse : Qui s'oppose à une doctrine ou à une opinion reçue considérée comme vraie.

Le regain d’intérêt des théories de Schumpeter est à mettre en parallèle avec la crise. Pendant les trente glorieuses, on avait cru à la fin des cycles, le début des années soixante-dix apporta la preuve qu’on se trompait.

L’économie selon Schumpeter.

(Pour beaucoup Schumpeter est autant sociologue qu’économiste, dans le sens où il donne une grande place aux facteurs humains non rationnels et que ceux-ci peuvent être déterminants dans l’évolution de la société).

         · L’apport fondamental de Schumpeter est d’avoir théorisé les cycles économiques, en commençant par expliquer le plus long, le cycle de Kondratiev (50 ans) qu’il base sur l’innovation (grappes). Régulièrement des découvertes sont faites (par la recherche), elles sont utilisées en masse par des entrepreneurs découvrant ensemble les intérêts d’utiliser des innovations (l’utilisation d’innovations entraînant l’utili­sation d’innovations).

Le plus important des cycles est le cycle économique ou de Juglar (ou majeur) (6 à 11 ans). Il fait se succéder des phases d’expansion avec une hausse des prix et des revenus, puis survient la crise quand les causes de l’expansion s’épuisent, la dépression ou la récession correspond à la baisse des prix et des revenus et l’augmentation du chômage. La reprise est le point de retournement du cycle.

Les cycles de Kitchin sont basés sur les stocks et durent environ 40 mois.

L’alternance de cycles n’est pas un mal pour Schumpeter, car elle peut permettre à une société de se développer, en permettant à chaque fois à une nouvelle organisation de se dégager de l’ancienne. Là est tout l’intérêt du capitalisme.

         · Aussi Schumpeter donne à l’entrepreneur un rôle primordial dans le développement économique, c’est grâce à lui, par sa volonté d’innovation que le progrès technique est intégré et que la croissance est possible.

         · Pour lui le meilleur système, c’est donc le capitalisme, mais celui-ci en se développant détruit les fondements sociaux et culturels de la société (capitaliste) ce qui entraînera tôt ou tard la venue du socialisme.

Œuvres principales.

· « Business Cycles », en 1939, décrit la vision des cycles de Schumpeter.

· « Capitalisme, Socialisme et Démocratie », en 1942, analyse la théorie Marxiste, montre l’intérêt du progrès technique et des grappes d’innovations, explique les formidables avantages du capitalisme... et montre pourquoi celui-ci sera remplacé par le socialisme.