Karl Marx (1818 – 1883).
Karl Marx est né en Rhénanie trois ans après
qu’elle soit devenue Prussienne (elle était Française). Il est issu d’une
famille juive convertie au protestantisme, la famille est
relativement aisée. Il étudiera le droit, la philosophie et l’histoire. Il
obtiendra en 1841 un doctorat de philosophie. Après l’enseignement, il se lance
dans le journalisme et devient directeur de la Gazette rhénane. Il rencontre
alors F. Engels. Sa revue est
interdite en 1843. Il s’installe en France pour fonder une nouvelle revue, il
s’intéresse alors à l’histoire de France et à la révolution. Il est expulsé en
1844 après un article virulent contre la Prusse. Il s’installe en Belgique et
commence une série de publications avec F. Engels. En fusionnant différents
mouvements Marx et Engels créent la ligue communiste en 1848. Il est expulsé la
même année de Belgique et s’installe à Cologne. Renvoyé en 1849, il part en
Angleterre. Sa réputation va grandissante mais n’ayant plus de sources de
revenus, Marx va vivre pauvrement ensuite. Il va également vivre une série de
deuil (une fille et deux fils). Le premier livre du Capital paraît en 1867, les autres publications
seront posthumes.
L’Europe
connaît une croissance très importante, mais celle-ci s’accompagne souvent de
crises et la misère ouvrière s'accroît, c’est en l’observant que Karl Marx va
développer une conscience révolutionnaire.
Pour
Marx, le fonctionnement du capitalisme entraîne la paupérisation du prolétariat
et il est voué à s'effondrer sous ses propres contradictions. Il convient de
contrôler son évolution.
Pour K. Marx, l'histoire est
fortement marquée par la lutte des classes. Elle est même le moteur du
changement social. La société antique était marquée par l'antagonisme entre les patriciens
(les nobles) et les plébéiens (le membres du peuple), la société féodale par celle entre
les seigneurs et les serfs. La société capitaliste connaît elle aussi une opposition fondamentale entre les bourgeois et les prolétaires.
Le
système capitaliste met donc en relation deux classes, la bourgeoisie et le prolétariat.
La bourgeoisie est propriétaire des moyens de production et elle va se servir
de son capital pour exploiter le prolétariat. Les prolétaires n’ont que leur
force de travail à vendre et doivent se nourrir tous les jours, les bourgeois,
eux, peuvent décider de différer leurs embauches. Le contrat de travail n’est
donc pas juste, il se fait en faveur des bourgeois. A
la base les prolétaires sont déjà exploités, mais le fonctionnement du
capitalisme va accentuer cette situation.
Ils
seront de moins en moins payés parce que dans une logique de marché, le travail
devient un produit commun. La concurrence entre les travailleurs va donc
entraîner une diminution des salaires jusqu'au minimum possible, c'est-à-dire
jusqu’à la limite leur permettant de pouvoir survivre (se reproduire) (Idée
déjà développée par David Ricardo). C'est la paupérisation du prolétariat.
Dans
la logique marxiste, les prolétaires doivent réaliser un surtravail, (différence entre la valeur de leur travail et le prix
que leur paye le capitaliste) le prix de vente du produit moins le salaire
s’appelle la plus-value (différence entre
le prix de vente et ce qui est payé au prolétaire).
Marx
développera également l'idée que l’économie capitaliste est vouée à l’échec à
cause de ses contradictions internes, notamment par la baisse tendancielle du taux de profit. Cette baisse tendancielle du
taux de profit s'explique parce une suite de
mécanismes simples :
1.
Ce qui donne sa valeur à une production, c'est le travail. Pour Marx (à la
suite de Ricardo) la valeur d'un produit repose sur le
travail utilisé pour sa production.
2.
La production est réalisée par du travail (capital variable en terme marxiste)
et du capital (capital constant). L’évolution économique veut que les
capitalistes aient de plus en plus besoin de capital constant pour produire
(Les locomotives remplacent les machines à bras par exemple…).
3.
Il faut donc de plus en plus de capital pour produire mais la valeur de la
production repose sur le travail.
4.
Comme les capitalistes ont de plus en plus besoin de capital constant pour
produire, le taux de profit baisse sans
cesse c’est la baisse tendancielle du taux de profit. L’un des moyens de
faire remonter le profit sera de baisser les salaires. Les bénéfices des capitalistes sont donc amenés à baisser sans
cesse (a).
5.
Dans un ultime effort pour soutenir leurs bénéfices, les capitalistes vont
augmenter leur production, alors que dans le même temps les salaires baissent, la surproduction est donc inévitable (b).
(a)
+ (b) èÀ long terme le capitalisme est voué à l’échec.
K.
Marx pense qu’il revient au parti
communiste d’organiser la transition (en plusieurs étapes) vers une société
plus juste et cohérente, la société
communisme. Cette transition ne peut se faire que par une révolution pour
forcer les capitalistes à accepter les transformations.
« Le
manifeste du parti communiste » 1848.
« Le
Capital » (1867 pour le premier, posthume pour les deux suivants).